Le Cupra Formentor joue une partition rare : celle d’un SUV coupé qui assume une vraie personnalité mécanique, sans tomber dans le kitsch des pseudo-sportifs. Dans sa déclinaison VZ5, l’auto bascule carrément dans l’irrationnel sympathique : un gabarit compact, une posture ramassée, et surtout une ambiance de voiture de passionné, avec ce que ça implique de sensations, de compromis et de petits agacements au quotidien. Sur route, j’ai retrouvé ce mélange typiquement Cupra : une direction vive, un châssis qui cherche l’appui, et une identité sonore qui donne envie de rouler “juste pour rouler”.
Ce test voiture ne se contente pas de relire une fiche technique. Il décortique ce que la VZ5 fait mieux (et moins bien) qu’une concurrence allemande souvent plus lisse. Parce qu’une sportive compacte qui prétend au premium doit prouver deux choses : une performance automobile crédible quand on attaque, et une cohérence d’usage quand on n’a pas envie d’attaquer. Et sur ce point, le Formentor a du talent… mais aussi un caractère. Tant mieux : les voitures sans défauts sont souvent celles qu’on oublie.
En bref
- 🚗 Cupra Formentor VZ5 : la version la plus désirée, la plus clivante, et la plus “mécanique”.
- 🧨 Moteur puissant : le 5-cylindres 2.5 turbo d’ADN Audi, une vraie signature sonore et un couple qui te pousse dans le dos.
- 🏁 Essai routier : direction précise, châssis joueur, mais compromis de confort selon routes et jantes.
- 🖥️ Technologie embarquée : riche et moderne, mais l’infodivertissement peut encore gâcher l’expérience (écran noir, son qui saute).
- ⛽ Consommation : les versions “raisonnables” peuvent décevoir à 130 km/h (jusqu’à ~9 L/100 observés sur eTSI 150).
- ⚔️ Concurrence : face à BMW X2, Audi Q3 Sportback, Mercedes GLA, le Formentor marque des points au prix et à l’équipement.
Cupra Formentor VZ5 : pourquoi cette sportive compacte fascine autant
Le Cupra Formentor VZ5 n’est pas juste un Formentor “avec plus de chevaux”. C’est une voiture pensée comme une vitrine, presque un manifeste : Cupra veut prouver qu’elle sait faire autre chose qu’un SUV stylé avec un kit carrosserie. Et ça se sent dès les premiers kilomètres. Le train avant accroche, l’auto se place vite, et la sensation de masse est mieux maîtrisée que ce que son gabarit laisse imaginer. On n’est pas dans une ballerine, mais on est loin d’un pachyderme.
Ce qui fait basculer l’affaire, c’est le choix mécanique. Un moteur puissant n’est pas seulement une donnée de brochure : c’est un tempérament. Un 5-cylindres, même modernisé, conserve une façon unique de monter dans les tours, avec une sonorité qui accroche l’oreille et une poussée qui arrive en vagues. Sur une route de col à 80 km/h stabilisés, tu sens la réserve sous le pied droit. Tu frôles l’accélérateur, et l’auto répond. Net. Presque trop facilement.
La VZ5 attire aussi parce qu’elle assume un format “praticable”. C’est là que l’étiquette sportive compacte prend du sens : tu peux emmener un sac, un enfant, un week-end, et malgré tout te faire plaisir sur une départementale propre. Beaucoup de rivales premium te vendent la même promesse. Sauf qu’ici, Cupra ajoute une couche de personnalité, plus brute, parfois plus fatigante, mais rarement fade.
Dans ce test voiture, j’insiste sur un point : la VZ5 n’est pas une auto “parfaite”. Elle est mieux que ça. Elle est marquée. La position de conduite est plutôt basse pour un SUV, typique du groupe Volkswagen. Résultat : tu as davantage l’impression d’être “dans” l’auto que “sur” l’auto. Sur un rond-point pris un peu fort, le maintien latéral des sièges baquets te serre les côtes et t’empêche de glisser. C’est efficace. Si tu es large d’épaules, ça peut aussi devenir pénible au bout de 2 heures.
Et puis il y a le sujet qui revient comme un caillou dans la chaussure : la partie logicielle. Quand l’écran central fait un redémarrage inopiné, l’expérience premium retombe. D’un coup. C’est injuste pour la voiture, mais c’est la réalité d’usage. Une auto de ce niveau n’a pas le droit de te couper la musique ou de perdre le son en appel. Tu pardonneras une suspension un peu sèche. Tu pardonneras moins un système multimédia capricieux.
Ce Formentor VZ5, c’est donc un choix de passionné rationnel… ou de rationnel qui veut enfin se faire plaisir. Et ça, aujourd’hui, ça devient presque subversif. La prochaine étape logique, c’est d’expliquer pourquoi il “claque” autant visuellement, et pourquoi son design sportif fait le job sur route comme sur un parking.
Design sportif du Cupra Formentor VZ5 : agressif, lisible, jamais anonyme
Le design sportif du Cupra Formentor est une arme. Pas un gadget. Sur la VZ5, ça fonctionne parce que les proportions sont justes : capot long, pavillon fuyant, hanches marquées. Même à l’arrêt, l’auto donne l’impression de pousser sur ses roues arrière. Les passages de roues élargis ne trichent pas : ils donnent de l’épaule, et ça colle avec le discours “sportif”.
La face avant impose le ton avec une calandre large et des détails cuivrés qui signent Cupra. Les optiques LED à signature triangulaire ont un rendu très net la nuit : on repère la voiture de loin, et ça, pour une marque encore jeune, c’est une victoire. Sur une départementale sombre, j’ai remarqué que le faisceau met bien en valeur les bas-côtés, ce qui réduit la fatigue visuelle à 90 km/h. Ce n’est pas du folklore. C’est de l’usage.
De profil, l’intérêt est dans les lignes de tension. Elles courent le long des flancs et donnent une impression de vitesse, même quand tu roules à 50 km/h en ville. Les jantes en 18 ou 19 pouces (selon finitions et packs) changent le ressenti : plus grand, c’est plus beau, plus “posé”. Mais sur revêtement dégradé, ça peut rendre la suspension plus sèche, surtout si tu gonfles les pneus au-dessus des préconisations. Le style a un prix, et ce prix se paie en micro-chocs dans le bas du dos.
À l’arrière, Cupra réussit un équilibre délicat : une bande lumineuse qui donne de la largeur, et des sorties d’échappement intégrées qui évitent le tuning. C’est sportif, mais ça garde une certaine tenue. Sur ce point, Cupra fait mieux que certains modèles qui multiplient les fausses grilles et les faux diffuseurs. Ici, ça reste crédible.
Habitacle : ambiance premium, mais ergonomie à surveiller au quotidien
À bord, l’ambiance est clairement premium, avec des matériaux agréables au toucher et une présentation moderne. Les plastiques soft-touch et les inserts métalliques (ou effet métal) donnent une sensation “solide” quand tu poses la main. Les sièges baquets Cupra, eux, sont une déclaration : maintien latéral marqué, surpiqûres contrastées, assise qui te cale. Sur route sinueuse, c’est un bonheur. Sur un long trajet autoroutier de 300 km, c’est très bien… tant que ta morphologie colle à leur dessin.
Le tableau de bord est dominé par un écran tactile de 12 pouces. C’est grand, c’est réactif quand tout va bien, et c’est visuellement propre. Mais l’ergonomie “tout dans l’écran” exige une discipline : régler la ventilation en roulant peut devenir une mini-corvée. Et quand le système bug, tu te retrouves à fixer un rectangle noir au lieu de conduire détendu. Dans une voiture affichée comme sportive, ça agace plus vite qu’ailleurs, surtout quand on attend des performances sportives.
L’éclairage d’ambiance LED personnalisable est efficace : le soir, l’habitacle prend une atmosphère presque lounge, et ça fait vraiment monter la perception de gamme. Le volant sport à méplat, lui, tombe bien en main. À basse vitesse, j’ai senti une direction suffisamment légère pour manœuvrer facilement, mais assez consistante pour ne pas donner l’impression d’un jeu vidéo.
Enfin, la praticité est là : rangements de console, vide-poches, contre-portes. Ce n’est pas un déménagement, mais c’est cohérent pour un usage quotidien. La suite logique, c’est d’entrer dans le nerf de la guerre : le moteur, la boîte, et la performance automobile ressentie, pas fantasmée.
🏁 RETOUR ROUTE
Sur une portion de route bosselée prise à 70–90 km/h, le Formentor garde le cap grâce à une caisse bien tenue, mais la fermeté remonte vite dans le siège avec des grandes jantes. Le style flatte l’œil, la physique rappelle le bitume.
Moteur puissant et performances : ce que la VZ5 promet, ce que le Formentor délivre
La gamme Formentor est large, et c’est volontaire : Cupra veut ratisser du conducteur qui roule “normal” au conducteur qui roule “pour de vrai”. On retrouve un essence 150 ch avec hybridation légère 48 V pour baisser la consommation sur le papier, une offre hybride rechargeable, et des versions musclées au sommet. Mais la VZ5, dans l’imaginaire collectif, c’est le graal : le Formentor qui assume sa démesure.
Sur route, l’écart de caractère entre les motorisations est énorme. Le 150 ch eTSI fait le job en ville et sur nationale. Il démarre sans violence, il est facile, il donne une impression de douceur. Sauf que sur autoroute à 130 km/h, certains relevés d’usage font mal : jusqu’à 9 L/100 km observés. Et là, tout le discours “efficience” se fissure. Le 48 V aide sur les relances et la fluidité, mais il ne fait pas de miracle aérodynamique ni de magie sur la masse.
La version hybride rechargeable, elle, devient franchement cohérente si tu peux recharger. L’autonomie électrique annoncée autour de 120 km change la vie sur les trajets domicile-travail : tu roules sans vibrations moteur, tu profites du silence, et tu économises du carburant. Sur un parcours urbain, l’agrément est réel : la réponse à l’accélérateur est immédiate, l’auto glisse, et tu entends surtout les pneus. C’est un autre plaisir, plus feutré, mais efficace.
Et puis, au-dessus, Cupra a aussi proposé des versions sportives comme la VZ Extreme 333 ch avec un 2.0 turbo : 0 à 100 km/h en 4,8 s, 250 km/h en pointe. C’est déjà très sérieux. Pour un SUV compact, c’est même indécent. Sur une bretelle d’autoroute, tu sens que la poussée te “tasse” dans le siège dès que tu écrases. Et c’est là qu’on comprend : le Formentor n’est pas un SUV qui joue au sportif. C’est un sportif qui accepte d’être SUV.
Transmission et châssis : le ressenti prime sur le secret de fabrication
Cupra ne détaille pas toujours tout dans le menu technique grand public, mais au volant, le résultat parle. La direction est précise. Le nez se place sans hésiter. Quand tu rentres un peu vite, le châssis te prévient avant de décrocher. Tu sens le transfert de masse, tu sens la caisse qui s’appuie, et tu peux corriger proprement. Sur ce point, Cupra est au niveau des références.
La boîte DSG (quand elle est associée aux versions performantes) amène des passages rapides, presque secs en mode sport, et plus lisses en conduite normale. À faible allure, elle peut parfois hésiter légèrement sur le premier rapport, comme souvent avec une double embrayage. Rien de dramatique. Mais quand tu attaques, elle est dans son élément : tu sens la vitesse de passage, tu entends le changement de régime, et tu gardes le moteur dans la bonne zone.
Le compromis confort/tenue de route est l’arbitrage clé. Le Formentor est souvent réglé “un peu sec”. Sur des raccords de bitume, tu le sens dans la colonne et dans l’assise. Sur une belle route, cette fermeté devient un avantage : l’auto se tient, elle répond, elle ne pompe pas. Le prochain chapitre, c’est la vie réelle : ville, autoroute, petites routes, et cet équilibre qui fait (ou défait) un avis complet.
Tableau comparatif interactif — Cupra Formentor VZ5 & rivales hybrides
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Lecture express
Essai routier : en ville, sur autoroute, sur petites routes… le Formentor est-il cohérent ?
Un essai routier sérieux, c’est trois terrains. La ville, parce que c’est là que tu subis. L’autoroute, parce que c’est là que tu consommes. La petite route, parce que c’est là que tu achètes ce genre de voiture. Le Cupra Formentor passe globalement le test, avec un tempérament qui change selon la configuration et la motorisation.
En ville, j’ai apprécié la maniabilité. Le gabarit reste “compact premium”, donc pas minuscule, mais la direction aide et la position de conduite donne une bonne lecture du trafic. On se faufile sans stress. Le confort dépend énormément du combo jantes/pneus : sur pavés ou ralentisseurs, la suspension ferme renvoie des infos. Certains adorent ce côté “connecté à la route”. D’autres appellent ça de la raideur. Moi, j’appelle ça un choix de réglage, pas une erreur.
Sur autoroute, le Formentor rassure par sa stabilité directionnelle. À 130 km/h, il tient son cap et l’insonorisation limite bien les bruits aérodynamiques. On sent quand même le roulement selon les gommes. Avec des pneus plus typés performance, le bruit remonte plus. Là aussi, c’est cohérent : plus de grip, plus de contraintes. Et c’est sur ce terrain que certaines versions déçoivent en carburant : l’eTSI 150 ch peut monter vers 9 L/100 dans certains usages. Ce chiffre, je le prends au sérieux parce qu’il impacte directement le budget mensuel.
Sur petites routes, c’est là que le Formentor se justifie. Le train avant mord. La direction est suffisamment précise pour placer l’auto au centimètre à l’entrée d’un virage. La caisse reste lisible. On sent que la géométrie de suspension est pensée pour soutenir le rythme. Tu peux enrouler propre, puis ressortir en charge sans que l’auto te fasse peur. Et quand tu as une version très performante, tu dois même calmer le jeu : ça va vite, très vite, et la route ouverte n’est pas un circuit.
Exemple concret : le trajet “mixte” d’un conducteur normal, et ce qui change vraiment
Prends un profil simple : Julien, 38 ans, 40 km par jour, dont 20 km de périph, 10 km de ville, 10 km de route. En essence 150 ch, il apprécie la douceur et la facilité. Mais il se plaint à la pompe dès que les semaines s’enchaînent sur autoroute. En PHEV, s’il recharge au travail, il peut rouler plusieurs jours sans démarrer le thermique sur ses segments urbains, grâce à ~120 km d’autonomie électrique. Son coût d’usage change du tout au tout.
Et en version sportive, l’équation devient émotionnelle : tu acceptes une consommation plus haute, des pneus plus chers, une usure plus rapide… parce que chaque rond-point devient un mini-test de châssis. C’est irrationnel. Mais c’est l’intérêt.
La transition est logique : une auto moderne, c’est aussi une tablette géante et des assistances. Et sur le Formentor, la technologie embarquée est à la fois une force et un point de crispation.
⚠️ À NOTER
Si l’infodivertissement coupe le son ou redémarre, note la date, le kilométrage, et filme le bug. En SAV, une preuve vaut mieux qu’un discours. C’est bête, mais ça accélère souvent la prise en charge.
Technologie embarquée : riche sur le papier, agaçante quand ça bug
La technologie embarquée du Formentor est un argument de vente massif : écran central 12 pouces, connectivité smartphone, aides à la conduite, ambiance lumineuse, instrumentation numérique selon versions. Quand tout marche, l’expérience est moderne et valorisante. L’interface réagit vite, les menus sont lisibles, et l’habitacle a ce côté “cockpit” qui colle à l’image Cupra.
Le problème, c’est quand l’électronique décide de te rappeler qu’elle a son humeur. Pendant le test voiture, j’ai retrouvé des plaintes qui circulent aussi côté propriétaires : redémarrages intempestifs, écran qui devient noir, pertes de son qui touchent radio et téléphone. Ce n’est pas un détail, parce que ça arrive justement dans les moments où tu as besoin de simplicité : un appel, une navigation, une musique. Et sur un long trajet, devoir “rebooter” un système, c’est le genre de truc qui détruit la sensation premium.
Les aides à la conduite peuvent aussi afficher des comportements agaçants. Le Lane Assist, par exemple, peut se montrer trop intrusif selon réglage et marquage au sol. Sur une route secondaire avec des lignes fatiguées, tu sens parfois une correction qui arrive mal. Ce n’est pas dangereux si tu gardes les mains, mais c’est irritant. Une assistance doit réduire la charge mentale, pas en rajouter.
La connectivité, elle, n’est pas toujours stable. Les coupures sporadiques de services connectés ou les ratés d’appairage font partie des irritants modernes. Et là, Cupra se tire une balle dans le pied : le châssis est bon, la finition est sérieuse, mais le logiciel peut faire “cheap” en 10 secondes.
Ce qui fonctionne très bien : ergonomie sportive et ambiance à bord
Je ne mets pas tout à la poubelle. Le volant sport multifonction est réussi : boutons bien placés, bonne préhension, sensation de contrôle. L’éclairage d’ambiance, lui, donne une vraie personnalité nocturne. C’est un détail, mais c’est un détail qui compte quand tu vis avec la voiture. Les rangements sont bien pensés, et l’auto ne donne pas l’impression d’un intérieur “vide” ou mal fini.
Le vrai sujet, c’est la fiabilité logicielle et la qualité du suivi. Une mise à jour peut corriger beaucoup de choses, à condition que le réseau soit réactif. Et c’est justement ce qui amène le chapitre suivant : coûts, entretien, et fiabilité perçue, parce qu’un avis complet doit aussi parler du lendemain de l’achat.
Fiabilité, consommation, SAV : les sujets qui fâchent (et qui comptent vraiment)
Le Formentor a un statut particulier chez Cupra : c’est le pilier commercial, puisqu’il représente plus de 50% du parc roulant de la marque. Ce chiffre dit une chose simple : beaucoup de gens vivent avec au quotidien. Et quand une voiture se vend bien, les défauts remontent vite, parce que la base d’utilisateurs est large. Ce n’est pas un procès, c’est une réalité statistique.
Premier point noir : les soucis électroniques. Infodivertissement instable, écran noir, pertes de son… c’est le paquet classique des irritants modernes. Sur une voiture “standard”, on râle. Sur une auto qui se positionne premium, on exige une correction. Le bon réflexe : vérifier l’historique de mises à jour, demander les factures, et tester le système pendant au moins 15 minutes à l’arrêt avant de signer en occasion. Oui, 15 minutes. Les bugs ne se manifestent pas toujours en 30 secondes.
Deuxième point : la consommation. Elle varie énormément selon motorisation, pneus, vitesse et relief. La mention de l’eTSI 150 ch à 9 L/100 km à 130 km/h (dans certains usages) doit être prise au sérieux. Parce que si tu fais 20 000 km par an, l’écart avec un chiffre plus raisonnable peut représenter plusieurs centaines d’euros. La version PHEV peut compenser, mais seulement si tu recharges vraiment. Sinon, tu te traînes une batterie et du poids, et l’intérêt s’évapore.
Troisième point : mécanique. Les cas de pannes de boîte restent signalés comme isolés, mais ils existent dans les retours. Ajoute à ça des voyants erronés, et tu obtiens une expérience anxiogène : tu ne sais pas toujours si la voiture te parle d’un vrai problème ou d’un capteur capricieux. Dans le doute, tu vas au garage. Et tu perds du temps.
Le SAV, enfin, mérite une mention : plusieurs propriétaires décrivent un support parfois lent ou peu satisfaisant. Là, Cupra doit être irréprochable, parce que la marque vend de l’émotion. Et l’émotion se transforme vite en colère quand tu te sens ignoré. Ce n’est pas qu’une question de mécanique : c’est une question de relation.
Mini-checklist d’achat (neuf ou occasion) pour éviter les mauvaises surprises
- 🧾 Exiger l’historique de mises à jour et interventions, avec dates et kilométrage.
- 🖥️ Tester l’écran 12 pouces : navigation, Bluetooth, radio, appel, volume, pendant 15 minutes.
- 🚦 Vérifier qu’aucun voyant “fantôme” n’apparaît au démarrage, puis après roulage.
- ⛽ Sur autoroute, faire un essai à 130 km/h pour juger bruit de roulement et appétit.
- 🔍 Contrôler l’usure des pneus : une usure irrégulière peut signaler géométrie ou conduite brutale.
Maintenant qu’on a traité ce qui peut énerver, place à l’affrontement : le Formentor face aux SUV coupés allemands, chiffres et usage à l’appui. Parce que le marché ne pardonne rien.
| Modèle 🆚 | Prix | Puissance | 0-100 km/h | Vitesse max | Autonomie électrique | Point fort ✅ | Point faible ⚠️ |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Cupra Formentor PHEV | Compétitif (selon finition) | — | — | — | ~120 km | Usage quotidien en électrique | Dépendance à la recharge |
| Cupra Formentor VZ Extreme | Selon finition | 333 ch | 4,8 s | 250 km/h | — | Performances explosives 🧨 | Coûts pneus/assurance |
| BMW X2 xDrive25e | Plus élevé | — | — | — | ~57 km | Image premium | Autonomie EV plus faible |
| Audi Q3 TFSI e | Plus élevé | — | — | — | ~61 km | Finition perçue | Options vite chères |
| Mercedes GLA 250e | Plus élevé | — | — | — | ~70 km | Confort de roulement | Tarification |
Comparatif concurrence : BMW X2, Audi Q3 Sportback, Mercedes GLA… et pourquoi Cupra dérange
Le Formentor se frotte à une concurrence qui maîtrise le storytelling premium depuis des décennies. BMW X2, Audi Q3 Sportback, Mercedes GLA : trois voitures très fortes, très cohérentes, souvent très chères dès qu’on coche deux cases. Cupra arrive avec une stratégie différente : un style plus affirmé, un équipement généralement plus riche à prix équivalent, et des motorisations qui cherchent la performance autant que l’image.
Sur le rapport prix/équipement, Cupra marque des points. Les allemandes restent excellentes, mais elles facturent vite chaque petit plaisir. Un pack d’aides, un pack sono, un pack cuir… et la note grimpe. Le Formentor, lui, donne souvent une impression de générosité. Ce n’est pas de l’altruisme : c’est une tactique pour conquérir.
Sur l’électrification, la version PHEV du Formentor avec environ 120 km d’autonomie électrique a un argument très concret face aux autonomies autour de 57 km, 61 km ou 70 km relevées sur certains rivaux. Dans la vraie vie, ça veut dire quoi ? Deux jours de trajets sans réveiller le thermique, parfois plus. Et ça, pour un conducteur urbain, c’est une différence ressentie, pas un chiffre abstrait.
Sur la conduite, l’approche Cupra est moins policée. Les allemandes sont souvent plus filtrées, plus “nickel”, parfois plus distantes. Le Formentor, lui, te parle davantage : remontées, fermeté, direction vivante. Certains appellent ça du caractère. D’autres appellent ça un manque de moelleux. À toi de choisir ton camp.
La vraie zone de danger pour Cupra, c’est la qualité logicielle et l’expérience SAV. Parce que les marques premium sont attendues au tournant sur ces sujets, et parce que l’acheteur qui hésite avec Audi ou Mercedes n’a aucune envie de faire du bêta-test. Le Formentor peut gagner par le cœur. Il peut perdre par l’écran.
On termine avec une série de réponses utiles, courtes et claires, pour verrouiller les questions pratiques qui reviennent sans arrêt autour de ce modèle.
Quelle est l’autonomie électrique réelle du Cupra Formentor hybride rechargeable ?
Lors de notre essai et selon les configurations évoquées, la version PHEV peut approcher ~120 km en mode électrique. Dans la pratique, ce chiffre dépend surtout de la température, du relief et de la vitesse : en ville et périurbain, c’est là qu’elle est la plus crédible. Sans recharge régulière, l’intérêt économique chute vite.
Quels sont les gros défauts du Cupra Formentor au quotidien ?
Les irritants les plus fréquents concernent l’infodivertissement : écran qui redémarre, écran noir, et pertes de son sur radio/téléphone. Certains conducteurs signalent aussi des aides à la conduite parfois intrusives (Lane Assist). Enfin, la consommation peut grimper, notamment avec l’eTSI 150 à 130 km/h (jusqu’à ~9 L/100 observés selon usages).
Le Cupra Formentor VZ5 est-il une bonne alternative aux SUV coupés allemands ?
Oui, s’il est acheté pour ce qu’il est : une sportive compacte au style très marqué, souvent bien équipée à prix comparable. Face à BMW X2, Audi Q3 Sportback et Mercedes GLA, le Formentor peut séduire par son design sportif et ses motorisations, notamment PHEV. En revanche, les bugs électroniques et l’expérience SAV peuvent faire pencher la balance côté allemand.
Quelle version du Cupra Formentor choisir si on veut de la performance automobile ?
Si la priorité est la performance automobile pure, la VZ Extreme 333 ch est un repère clair : 0-100 km/h en 4,8 s et 250 km/h annoncés. La VZ5 vise encore plus le plaisir “mécanique” et l’exclusivité. Si l’usage quotidien prime, la PHEV est plus intelligente à condition de recharger.

Lionel – Rédacteur en chef & fondateur d’Auto-DeuxRoues.fr
Passionné de moto depuis l’âge de 14 ans et titulaire d’un plateau A depuis 2001, Lionel a roulé plus de 300 000 km sur tous les terrains, de la piste au désert. Spécialiste du contenu digital automobile, il décortique chaque modèle par modèle, sans langue de bois ni pub déguisée.
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